Janvier 2017

Gastroenterology

Breath testing for Barrett’s esophagus using exhaled volatile organic compound profiling with an electronic nose device. DK CHAN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 24-26.

Cet article court et de publication rapide montre que l’analyse des composés organiques volatiles exhalés par les patients à l’aide d’un « nez électronique » permet de diagnostiquer l’oesophage de Barrett avec une sensibilité de 81%. C’est loin d’être disponible mais c’est un premier exemple des méthodes diagnostiques futures en gastroentérologie, basé sur les produits métaboliques du microbiote.

 

Using big data to discover diagnostics and therapeutics for gastrointestinal and liver diseases. B. WOODEN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 53-67.

Encore un aspect du future! Les « big data » sont basés sur le séquençage de gènes larges bases de données, des profils d’expression génétique, de données protéomiques, métabolomiques et de dossier patients électroniques. Même en tenant compte des validations expérimentales et cliniques cela permet de raccourcir le temps entre la découverte et l’usage clinique, de mieux garantir le succès et de coûter moins cher.

Le même numéro de la revue offre deux exemples de très larges bases de données collaboratives puisque les noms des auteurs et de leurs institutions prend deux pages!

 

Effectiveness of pelvic physiotherapy in children with functional constipation compared with standard medical care. ML. VAN ENGELENBURG– VAN LONKHUYZEN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 82-91.

Cet essai randomisé du traitement de la constipation a inclus 53 enfants aux Pays-Bas et a compare le traitement classique (éducation, conseils diététiques, laxatifs) et le traitement de physiothérapie ajouté au traitement classique: Les six séances de physiothérapie comprenaient: informations, apprentissage de posture et des sensations rectales, exercices de relaxation sphinctérienne). Le traitement classique est efficace chez 63% des patients (il est donc suffisant dans 2/3 des cas), la physiothérapie est efficace dans 92% (il est donc préférable quand il est disponible).

 

Lifestyle risk factors for serrated colorectal polyps: A systematic review and meta-analysis. L. BAILIE.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 92-104.

Parmi les 2446 articles relevés pour une inclusion éventuelle dans cette analyse, la cascade critique n’en a finalement retenu que 43! Les polypes festonnés (antérieurement inclus parmi les polypes hyperplasiques) sont à l’origine de 10 à 30% des cancers colorectaux. Le tabac multiplie par trois le risque de polype festonné. L’alcool, la viande et la graisse augmentent également (de 20 à 30%) le risque.

 

Similar efficacy of proton-pump inhibitors VS H2-receptor antagonists in reducing risk of upper gastrointestinal bleeding or ulcers in high-risk users of low-dose aspirin. FKL. CHAN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 105-110.

270 patients sous aspirine (<325 mg/jr) avec un passé d’hémorragie digestive due à un ulcère (gastrique dans 2/3 des cas) ont été randomisés en double aveugle, la moitié recevant rabéprazole 20 mg, l’autre moitié recevant famotidine 40 mg, tout en poursuivant l’aspirine. Une récidive d’ulcère ou d’hémorragie a été notée dans 7,9% du premier groupe, 12,4% du second – différence non significative.

 

Proton pump inhibitors increase risk for hepatic encephalopathy in patients with cirrhosis in a population study. CF. TSAI.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 134-141.

Parmi une population de 1 million de taiwanais, 1166 patients cirrhotiques avec encéphalopathie hépatique ont été analysés et comparés à un groupe sans encéphalopathie. La prise d’IPP augmente de 40% le risque d’encéphalopathie et le multiplie par trois en cas de fortes doses. Encore une raison d’évaluer l’usage d’IPP chronique !

Janvier 2017

Gastrointestinal Endoscopy

Gastric per-oral endoscopic myotomy for refractory gastroparesis: results forme the first multicenter study on endoscopic pyloromyotomy. M. KHASHAB.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 85: 123-128.

Outre cette étude multicentrique (USA – Brésil – Inde – Corée) qui a inclus 30 patients avec une gastroparésie réfractaire (cad ne répondant pas aux autres traitements incluant injections de Botox et stents transpyloriques), le même numéro contient une autre étude multicentrique (France – USA) portant sur 12 patients. La technique (semblable au POEM utilisé pour l’achalasie) consiste en une dissection sous muqueuse et une myotomie incluant 5 cm au niveau de la grande courbure antrale et le sphincter pylorique. Une réponse clinique franche est obtenue dans ¾ des cas et une normalisation de la vidange gastrique dans 50 et 75% des cas.

Un éditorial suit chacun des articles, le premier pour insister sur la nécessité d’étude contrôlée, la seconde rappelant qu’il a fallu 25 ans pour montrer l’inutilité de la sphinctérotomie dans les spasmes de l’Oddi type B (entité américaine il est vrai).

Un espoir donc, pas une recommandation.

 

Impact on carbon dioxide insufflation and water exchange on postcolonoscopy outcomes in patients receiving on-demand sedation: a randomized controlled trial. S. CADONI.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 85: 210-2018.

L’étude a porté sur 240 patients qui pour leur coloscopie avaient une sédation « à la demande » et a comparé différentes combinaisons incluant eau, CO2 et air. La conclusion montre que l’injection d’eau (au lieu d’air) lors de l’insertion de l’endoscope et l’insufflation de CO2 lors du retrait est la combinaisons qui associe un minimum de douleurs pendant l’examen et de ballonnement après celui-ci. Cela permet de réduire la sédation, voire de la rendre inutile.

 

Yield of a second screening colonoscopy 10 years after an initial negative examination in average-risk individuals. PL. PONUGOTI.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 85: 221-224.

Cette étude d’un expert de la coloscopie (D. REX) a porté sur 4463 patients dont la coloscopie initiale était négative, parmi lesquels 378 ont eu une coloscopie 10 ans plus tard. Aucun cancer n’a été décelé et seulement 3,6% d’adénomes « avancés » (> 10 mm et/ou dysplasie de haut grade), ce qui justifie l’intervalle. Il y a cependant 40% d’adénomes, peut-être expliqués par l’âge plus avancé des patients (ayant 10 ans de plus) et par l’amélioration des techniques de coloscopie.

Un éditorial insiste sur le fait qu’un cancer intercurrent survient souvent dans les 3 premières années après une coloscopie et est sans doute due à un polype non vu (les polypes festonnés du colon droit sont plus difficiles à déceler et par exemple recouverts de mucus si la préparation est insuffisante). Il est donc inutile de proposer une coloscopie 5 ans après un examen normal et si la préparation est insuffisante, il faut proposer un nouvel examen 1 an plus tard.